Le 15 février 2020 à 13h34
par Alain Duez

WLTP et motorisations alternatives: quelle stratégie adopter?

2020 marque l’entrée en vigueur du nouveau cycle de consommation et d’émissions WLTP, qui aura un impact non négligeable sur la fiscalité de vos véhicules de société. Afin de définir le champ d’application global de cette nouvelle, résumons le concept et son évolution.

Dans les années 1980, le NEDC (New European Driving Cycle) a été conçu pour mesurer les émissions des voitures. En raison de l’évolution des technologies et des conditions de conduite, il est devenu obsolète. La Commission économique des Nations Unies pour l’Europe a donc développé le nouveau protocole WLTP. Alors que l’ancien test NEDC déterminait des valeurs basées sur un profil de conduite théorique, le cycle WLTP a été développé à partir de données de conduite réelle, recueillies dans le monde entier. Le WLTP représente donc mieux les profils de conduite quotidiens, mais il est toujours mesuré en laboratoire. Le WLTP a été développé dans le but d’être utilisé comme un cycle d’essai global dans différentes régions du monde, afin que les émissions de polluants et de CO2 ainsi que les valeurs de consommation de carburant soient comparables dans le monde entier. Toutefois, bien que le WLTP ait un «noyau» mondial commun, l’Union européenne et d’autres régions appliqueront le test de différentes manières en fonction de leur législation en matière de circulation routière et de leurs besoins. En ce qui concerne l’Europe, la phase de transition comprenant la pleine application de la législation nationale est toujours en cours.

Impact à prendre en compte

En comparant l’ancienne et la nouvelle norme, c’est comme si vous mesuriez la température en Celsius ou en Fahrenheit. La même « chaleur » (c.-à-d. l’émission de CO2) est mesurée de deux façons différentes, où la température en Celsius serait égale à la température en Fahrenheit, ce qui donne des valeurs efficaces plus élevées. Par conséquent, les mesures fiscales, telles que les taxes routières liées au CO2 ou les régimes d’avantages en nature, seront plus touchés en général. En outre, on s’attend à ce que les gouvernements adaptent leur niveau de taxation encore plus fréquemment. Du point de vue des équipementiers, la demande de la Commission européenne de fixer leur taux d’émissions de CO2 pour les nouveaux véhicules à 95 g de CO22 en 2020, a également déclenché de nouvelles stratégies pour éviter des pénalités sévères.

Après une première période d’attentisme, les opérateurs de flotte ont finalement commencé en 2019 à prendre des contre-mesures qui se sont traduites par les activités suivantes :

• Revoir le marché OEM, tirer parti des marques offrant la meilleure adéquation avec la stratégie de leur future politique automobile, en équilibrant la vision du groupe motopropulseur, la solution de mobilité et l’évolution technologique.

• Revoir l’offre des loueurs, car selon les marques, modèles ou motorisations choisis, la valeur résiduelle jouera un rôle majeur sur le devis ainsi que la consommation « plus réaliste » mesurée par le WLTP. Le monde de la location et de l’offre évolue rapidement, ce qui signifie que les entreprises doivent trouver le bon partenaire offrant la flexibilité, la meilleure valeur marchande à long terme, des solutions de mobilité et des outils.

• Maintenir la compétitivité de l’entreprise en redéfinissant la politique automobile, en s’assurant que le package RH, qui inclut la flotte, reste attractif, tout en maintenant la partie économique dans la gestion du TCO en conséquence.

• Adopter (en partie) une approche de mobilité, y compris en fusionnant d’autres services avec le package fleet. L’inclusion des transports publics, les programmes de covoiturage, les incitations au travail à domicile représentent quelques-unes des offres de mobilité les plus utilisées.

• Agir autour de leur programme de RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) où l’environnement est un des principaux piliers qui guide leurs initiatives vertes globales.

Pas de recette miracle

Compte tenu du niveau de complexité qui affecte les responsables fleet ces jours-ci, il n’y a pas de « recette » générale sur la façon de se déplacer. Toutefois, pour réussir, il est essentiel de considérer attentivement les points suivants, lorsque l’on va de l’avant :

• Faire participer tous les domaines dès le début, c’est-à-dire les RH, les finances/approvisionnements, les installations/fleet, les commanditaires et les intervenants….et communiquer tout au long du projet.

• Comprendre la situation « telle quelle » et cocher les domaines à améliorer.

• Evaluer l’offre du marché (OEM et loueurs) avec un processus d’appel d’offres approfondi.

• En parallèle, élaborer une car-policy qui soutiendra et conduira la nouvelle stratégie de flotte et de mobilité.

• Écouter l’employé en utilisant un sondage d’impulsion par exemple

• Gérer le changement et la mise en oeuvre future 

Conclusion

En tant que solution globale, le WLTP va non seulement générer une augmentation de la fiscalité, qui doit être gérée, mais il va continuer à impliquer des changements drastiques dans les politiques automobiles, ce qui entraîne la nécessité d’un processus permanent de révision et d’ajustement de tous les différents paramètres décrits ci-dessus, ainsi qu’un examen continu des partenaires de services clés potentiels permettant à chaque entreprise d’opter pour une stratégie de parc automobile flexible et durable (ainsi qu’une perspective de mobilité).

Alain Duez – Partner fleetcompentence group

Alain Duez

Alain Duez, rédacteur de cet article

Cet article parle de : Actus , Tax & legal , Gestion de flotte

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